Les aspects environnementaux

Bilan énergétique des biocarburants

En brûlant, un biocarburant produit de l'énergie. Mais, pour fabriquer ce biocarburant, il a fallu utiliser de l'énergie fossile pour la culture et la récolte de la plante ainsi que pour la transformation de cette plante en biocarburant. Le bilan énergétique des biocarburants (c'est-à-dire la différence entre l'énergie fournie par le biocarburant et l'énergie fossile consommée pour le produire) est toutefois positif. En d'autres termes, les biocarburants fournissent plus d'énergie qu'ils n'ont consommé d'énergie fossile tout au long de la chaîne de production.

Cependant, le bilan énergétique d'un biocarburant varie considérablement suivant son origine : les gains estimés en énergie ne sont que de l'ordre de 20%* pour l'éthanol issu de céréales, ils sont de 60%* pour les EMHV, le meilleur résultat revient à l'éthanol de canne avec un gain supérieur à 90%*. Cette performance s'explique par le fait que la bagasse, tige de canne obtenue après extraction du sucre, est utilisée comme source d'énergie pour l'étape de transformation de la matière végétale en éthanol et la production d'électricité.

 

La contribution des biocarburants à l'indépendance énergétique d'un pays fluctue toutefois d'un marché à l'autre : dans un marché dominé par l'essence comme les Etats-Unis, la contribution de l'éthanol est positive. En revanche, dans un marché fortement diésélisé comme le marché européen, ce sont les biodiesels qui, en limitant les importations de gazole, exercent une réelle contribution à l'indépendance énergétique de l'Europe.

 

* : source JEC mars 2007, travaux communs du JRC (Joint  Research Centre), de l'Eucar et du Concawe

 

Contribution à la réduction des gaz à effet de serre

Sous l'angle de la préservation de l'environnement, les biocarburants présentent l'intérêt de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le transport. Certes, à l'échappement d'un véhicule, un biocarburant ne pollue pas moins qu'un carburant d'origine pétrolière. En revanche, les biocarburants peuvent réduire les émissions globales de CO2, principal gaz à effet de serre.

En effet, le CO2 rejeté lors de la combustion du biocarburant ne vient pas augmenter le stock présent dans l'atmosphère, puisque les biocarburants sont fabriqués à partir de plantes qui ont absorbé du CO2 pendant leur croissance, par un processus appelé synthèse chlorophyllienne. Dans la mesure où le biocarburant n'a pas nécessité, pour la culture même de la plante et sa transformation en biocarburant, une quantité d'énergie fossile équivalente à celle qu'il contient, le bilan global, du champ à la roue, entre rejet et consommation de CO2 est favorable au biocarburant.

Variable d'un biocarburant à l'autre, le bilan CO2 est fonction des matières premières utilisées et de leurs modes de culture.

Ainsi, d'après une étude réalisée par le JEC en mars 2007, l'éthanol de betterave permet de réduire les émissions globales de CO2 de 34% par rapport à celles de l'essence, l'ester méthylique de colza de 45% par rapport à celles du gazole. L'éthanol de canne brésilien affiche un résultat excellent (87%), notamment grâce au fait que la majorité de la partie non alimentaire de la plante est utilisée comme combustible pour l'étape de transformation de la plante en éthanol, ce qui minimise le recours aux énergies fossiles.

 

Biocarburants et durabilité

Encensés les premières années, les biocarburants sont maintenant sujets à polémique. Les premières critiques avec un impact médiatique remontent au début de l'année 2007. Attaqués pour leur rendement énergétique inégal suivant les filières et leur effet variable sur la réduction des gaz à effet de serre, montrés du doigt pour leurs coûts élevés, la concurrence qu'ils exercent vis-à-vis de l'alimentation, la réduction de la biodiversité et la déforestation qu'ils entraîneraient, les biocarburants doivent désormais faire la preuve du caractère durable de leur production : générer un développement économique, contribuer à un progrès social et apporter des réductions d'émissions de CO2 significatives tout en assurant un bilan environnemental positif.

 

L'instauration de critères de durabilité incluant des aspects économiques, sociaux et environnementaux est prévue par la nouvelle directive européenne sur les Ressources des énergies renouvelables. Ces critères devraient être mis en place à partir de 2010 et, à travers un système de certification, assurer le caractère durable des biocarburants consommés en Europe et s'imposer à l'ensemble des Etats Membres.