Au Brésil, les voitures roulent depuis longtemps à l’éthanol. Pourquoi l’Europe a-t-elle tant de retard ?
Le Brésil s'est engagé très tôt, il y a presque 30 ans, dans la voie de l'éthanol utilisé comme carburant. Suite aux chocs pétroliers de 1973 et de 1979 (le pays importait alors 80% de sa consommation de carburants) et à la crise du sucre, un programme a été déclenché pour développer cette filière :
- mise sur le marché de véhicules fonctionnant à l'alcool pur dès le début des années 80 ;
- incorporation obligatoire de 20 à 25% d'éthanol dans les essences depuis 1992, nécessitant le recours à des véhicules adaptés à de telles teneurs en éthanol ;
- mise sur le marché de véhicules flex, pouvant indifféremment rouler à l'alcool ou à l'essence à 20/25 % d'éthanol dès 2003.
Le parc automobile brésilien est donc depuis longtemps adapté à l'utilisation d'éthanol pur ou en mélange, ce qui n'est pas le cas en Europe : mis à part la commercialisation très récente de véhicules flex, les véhicules à essence du parc européen actuel ne sont pas conçus pour fonctionner avec de l'essence contenant une forte proportion d'éthanol.
De plus, le Brésil est un pays très gros producteur d'éthanol et bénéficie de coûts de production les plus bas du monde. Par rapport à l'Europe qui, compte tenu de ses contraintes climatiques, fabrique l'éthanol à partir de betterave à sucre, de maïs ou de blé, le Brésil produit le sien à partir de canne à sucre, dont le rendement en alcool est largement supérieur et le bilan énergétique global bien plus favorable.
Enfin, le parc automobile européen est majoritairement diesel tandis que la proportion de ces véhicules n'est que de 4% au Brésil. |